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Mai

La mode éthique

Mode éthiqueLa mode éthique

À travers mes différentes activités reliant la mode au social, j’écris également des chroniques pour l’ESR, école de Conseil en Image à Paris. En effet depuis 2009, j’évolue dans le secteur de la mode, et depuis 2018, j’essaye de comprendre ce que l’économie sociale et solidaire signifie, en fondant ou en aidant à créer des communautés solidaires en France. Dans le cadre de ma petite vie, rassembler des idées – qui peuvent sembler ne rien avoir en commun – est un plaisir infini. Et relier la mode au social, m’a toujours paru, à mon échelle, très évident.

Sujet particulièrement mis sur le devant de la scène pendant cette période d’état d’urgence sanitaire, quand on me demande comment j’appréhende la mode éthique, je réponds très naturellement : “par les gens”. Vous, je ne sais pas, mais moi, c’est en premier l’Homme qui m’invite à interroger la mode, les frissons qu’elle procure, mais aussi malheureusement le sang qu’elle fait couler.

Dressing mode éthique D’entrée de jeu, je casse l’ambiance… Je sais.

Et vous, face à votre placard plein à craquer de vêtements et d’accessoires de toutes sortes, parfois même achetés à la hâte et jamais portés, vous êtes-vous déjà dit que vous aimeriez faire autrement, et nettement mieux, pour vous, votre style, mais aussi pour l’environnement, la planète, les gens qui y vivent, et les gens qui en vivent ?

Si c’est le cas, cette chronique est faite pour vous. Appréhender la mode éthique, c’est réfléchir à acheter mieux, porter vos vêtements de manière plus créative, voire même récréative, les entretenir plus éthiquement, et sans oublier les éliminer avec responsabilité et vigilance, sans passer par la case poubelle.

Alexia de la société Ally Alex

Rencontre avec Alexia

Ces réflexions, je suis allée les creuser auprès d’experts du secteur. J’ai notamment rencontré Alexia à la tête d’Ally Alex. Elle est formatrice à l’ESR, personal shopper, coach en image, et elle fait ce métier depuis 2013. Elle raconte assez facilement que parmi ses services préférés, elle adore le fameux tri de dressing, car c’est une façon de faire revivre l’existant, et d’apprendre aux gens à mieux se connaître. 

C’est impressionnant le nombre de fringues qu’on a, alors qu’on ne porte que 30% de son dressing

Elle explique que les personnes qu’elle a formées deviennent par la suite de véritables “scanners” en boutique, et que cette question de moins/mieux consommer s’est développée et nourrie fortement avec le confinement, mais que de façon générale elle la sent de plus en plus présente depuis 3 – 4 ans. 

La planète souffre, il y a une vraie prise de conscience, et finalement passée la période de l’achat compulsif, entre 35 et 40 ans, on a réellement envie d’un éclairage plus vif

Je lui pose ma question : “Concrètement, est-il aujourd’hui responsable d’acheter un jeans 20 euros ?” Elle répond : “Oui, en seconde main, mais sinon non, ce n’est pas responsable, car il y a quelqu’un qui a été mal payé, exploité, ce n’est pas possible en termes de prix”. 

Dans le cadre de son activité, elle adopte une méthode douce, étape par étape, elle parle plutôt d’apprendre aux gens à se poser les bonnes questions. Elle raconte qu’aujourd’hui il existe une panoplie d’innovations et services pour consommer différemment, voire transformer ses vêtements, comme la location de vêtements ou encore l’upcycling.

Elle me parle de revenir à un rythme plus humain, de fabriquer moins/mieux, de privilégier le côté utile de la mode et de revoir son côté frénétique, de ralentissement, de repenser certains matériaux en fonction de leurs cultures et leurs consommations. Son cœur de cible, aujourd’hui ? La femme entre 25 ans et 45 ans, qui a envie de comprendre, d’apprendre des choses sur elle… Et elle rajoute qu’il y a un véritable effet papillon sur sa vie à elle, son entourage, sa relation amoureuse, parfois même sur le plan professionnel… Cela se répercute sur d’autres sphères, et c’est bien entendu un pas décisif vers la confiance en soi. 

Boutique les petites jupes de Prune

Rencontre avec Prune

Pour continuer sur ma lancée, je suis également partie questionner Prune de la marque Les Petites Jupes de Prune.

Elisa : Quelle est l’histoire qui t’a amenée à vouloir te spécialiser en mode éthique et durable ?

Prune : L’histoire est loooongue, alors pour faire simple elle a commencé en 2012 dans mon salon, et chaque année elle grandit à son rythme ! L’idée n’était pas de faire une mode durable ou éthique, ça tombait sous le sens que je ne voulais pas pourrir la planète, l’idée c’était de faire une marque qui ressemble aux filles que je croise dans la rue, que chacune trouve “sa” pièce préférée dans une collection.

Ensuite la question de la fabrication française était évidente, j’ai commencé tout petit chez un façonnier, donc toujours ultra-local en flux très court, puisque je ne pouvais pas stocker ou voyager, j’ai choisi des solutions pratiques ET éthiques ! Le challenge aujourd’hui c’est de les faire grandir 🙂

Elisa : Comment la mode selon toi peut-elle être plus solidaire avec le monde ?

Prune : En respectant tous les acteurs de sa filière, en arrêtant de faire des soldes à tout-va, en maîtrisant la production, en changeant petit à petit nos mauvaises habitudes de consommateurs. Arrêter de faire des trucs en masse pas chers, se rendre compte du coût pour la planète, bref je sais pas par où commencer mais être plus responsable !

Elisa : En qualité d’experte, comment aujourd’hui en tant que femme de 35 ans, séparée, mère de deux enfants, auto-entrepreneuse à mon compte, vivant entre Paris & les Hauts de France, je devrais acheter, porter, entretenir, et éliminer mes vêtements ?

Prune : Je n’ai pas la réponse parfaite, mais déjà acheter moins, beaucoup moins. Je suis convaincue que les achats occasion, vintage, échanges sont une vraie solution. Acheter/revendre c’est déjà un super reflex. Par exemple, pour ses enfants les encourager à vendre quelques pièces (vêtements, jouets, objets) pour pouvoir acheter la nouveauté (qui peut très bien être d’occasion) qui les tente ! C’est stimulant, responsable, et ça encourage des bons reflex.

Évidemment qu’on peut acheter du neuf, mais mesurer, prendre le temps de voir si c’est une envie passagère ou un vrai coup de cœur qui va apporter du plaisir pour plusieurs saisons. Si personne n’achète plus de neuf, il n’y aura pas d’économie circulaire, et des petites structures comme la nôtre qui emploient des chouettes gens n’existeraient plus 🙂 C’est toujours une question de juste milieu, de faire les choses de manière responsable. 

Pour entretenir ses vêtements ? Moins laver ! Ma grand-mère suspend toutes ses affaires, range ses pulls dans des papiers de soie. Si au lieu de rouler en boule nos jeans au pied du lit, on les pliait on aurait plus de plaisir à les porter et on les trouverait moins “crado” rapidement 😉 Pareil, une chemise peut se porter bien des jours avant de passer à la machine, surtout si elle passe la nuit sur un cintre à s’aérer ! Pour éliminer ses vêtements il existe plein de solutions : des apps comme Redonner, Give, Emmaüs, bref, ce n’est pas le choix qui manque aujourd’hui 🙂

Elisa :  Quel est – selon toi – le véritable point fort de ta marque sur ce marché ?

Prune : C’est difficile d’être objective, en tout cas j’aimerais que sa valeur ajoutée soit d’être une marque qui inspire de la gaîté, qui redonne du plaisir dans le vêtement qui traverse les saisons. Je nous trouve compétitifs pour une marque 100% made in France, et bienveillants dans la manière dont nous l’abordons, enfin j’espère 🙂 Je rêve que les filles achètent chez nous les yeux fermés car elles savent que nous respectons tous les acteurs d’une filière, que nous imaginons nos collections de manière responsable, que nous faisons nos choix au quotidien en gardant toutes nos valeurs en tête… Bref d’être 100% mode ET responsable, et 0% greenwashing.

Wear the change - Mode éthique

Et vous ?

Et vous, quelle est votre approche de la mode éthique ? Pour tout savoir sur ce large sujet, je vous recommande – les yeux fermés – les formations délivrées par des consultants formés et expérimentés au sein de l’Ecole Supérieure de Relooking.

Belle journée et à très vite,

Elisa Palmer

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