7
Mar

La Fashion Week Femme Automne Hiver 2019-20

Les défilés Automne-Hiver 2019-2020 viennent de se terminer, à New York, Londres, Milan et Paris. Jetons un œil sur la proposition de ces 4 métropoles de la mode, qui savent nous surprendre et nous émouvoir, à chaque saison.

UNE FEMME À…

Ces défilés Automne-Hiver 2019-2020 nous émeuvent particulièrement.

C’est une saison unique, pour bien des raisons.

Ces 4 semaines décrivent parfaitement un certain état d’âme, un climat d’incertitude, de désordre, de doutes, mais aussi l’envie de combattre, de réussir, de sortir d’un tunnel un peu trop sombre… et puis la nostalgie.

En équilibre instable entre valeurs sures et envie de révolte, chaque ville réagit à sa manière à ce sentiment commun. Et la mode, de plus en plus, devient cette chose superficielle, sans laquelle nous ne saurions pas vivre…


UNE FEMME À NEW YORK

New York se souvient, mais grandit et ouvre ses bras au changement.

En hiver 2020, on ne s’habille plus « for career », comme on disait en jargon américain, dans les années 80, pour définir cette tenue élégante, mais quand même adaptée aux négociations de travail, qui a propulsé Armani sur la scène internationale, il y a quarante ans.

En 2020, la femme d’affaires exige de pouvoir exprimer une personnalité plus créative et humaine. La New-Yorkaise ne se laissera plus définir uniquement par sa carrière et arrivera au bureau guidée par Tom Ford, Proenza Schouler, The Row et Marc Jacobs, qui dirigent la tendance, dans cette fashion week raccourcie, mais intense, et l’accompagnent à travers « la ville qui ne dort jamais », avec une grande envie de se remettre en jeu.

Elle est sexy, à peine extravagante, pour Tom Ford
Elle s’impose de manière inattendue, avec Proenza Schouler
Elle est chic et inoubliable, grâce à The Row
Unique et un peu nostalgique, elle aussi, devient artiste, avec Marc Jacobs

UNE FEMME À LONDRES

Punk is never dead (le punk ne meurt jamais) et forme presque une alliance avec la maison royale.

Londres, aujourd’hui, a « les nerfs à fleur de peau ». Ici, patrimoine et révolte, comme toujours, et plus que d’habitude, se confondent.

L’impertinence aristocratique d’Erdem, de Victoria Beckham, de Burberry et de Simone Rocha, pour qui tradition rime toujours un peu avec provocation, résume, dans cette fashion week londonienne, l’inquiétude d’une Angleterre, désormais au carrefour entre deux mondes, bientôt isolée « du continent », dans laquelle, la jeune relève de la famille royale n’a jamais été aussi proche du peuple et le rêve d’en faire partie, aussi réel.

Une londonienne noble et transgressive, pour Erdem
Classique, « en toute transparence », avec Victoria Beckham
Elle fait un clin d’œil au patrimoine de toujours, pour Riccardo Tisci, chez Burberry
C’est une princesse « chipie », chez Simone Rocha

UNE FEMME À MILAN

A Milan, la femme a mille vies en une.

Comme pour l’homme, élégance et tenue militaire deviennent complémentaires. Avec un brin de confusion créative, bien qu’exigeante.

Pour l’hiver 2020, Milan vit la nostalgie de l’élégance absolue, en donnant le feu vert, en revanche, à une réinterprétation totale, comme chez Gucci, Bottega Veneta, Prada, Blumarine et Moncler.

A bas le « streewear » ! C’était l’un des principes du Grand Karl, n’est-ce-pas ?

« Le jogging est signe de défaite, vous avez perdu le contrôle de votre vie, en sortant en jogging » dira-t-il, un jour. Et Fendi, en larmes, dévoile la dernière collection du grand maître qui, fidèle à son style, nous émerveille encore, pour l’avant-dernière fois.

Une milanaise excentrique, malicieuse, la « garçonne » de Gucci
Gothique et militaire, mais sexy, la femme Prada
Une « femme-carapace », celle de Daniel Lee pour Bottega Veneta
Féline et sensuelle, elle confond le jour et la nuit, dans le monde de Blumarine
La femme est une fleur… aux pétales d’acier, pour Moncler
D’une élegance absolue, sans concessions, chez Fendi, qui pleure l’absence de Karl Lagerfeld

UNE FEMME À PARIS

« La Nouvelle Vague 2020 ».

La parisienne que le monde admirait est de retour. Après s’être camouflée, parfois reniée, après être partie… elle est revenue. Avec sa simplicité, son élégance faite d’un rien, de peu, du minimum. Avec sa personnalité affirmée, mais discrète, sensuelle, mais pas ostentatoire, sa voix grave, mais féminine, et puis confiante, bien que pleine de doutes. La parisienne, avec tous ses paradoxes, rentre à la maison.

Et elle porte un New look amoureux de l’art, pour Dior, avec Maria Grazia Chiuri
Chic, elle ose la couleur estivale, selon le solaire Jacquemus
Elle sort en smoking et transparences, comme la muse Betty Catroux, selon Saint Laurent
Elle remonte le temps et transforme la simplicité en perfection, grâce à Hedi Slimane pour Céline, la vraie surprise de la semaine
« J’avais besoin de m’éloigner de Paris, pour l’aimer de nouveau » murmure Demna Gvasalia chez Balenciaga, fidèle à la couleur flamboyante et aux volumes exceptionnels
Et puis mardi, l’hiver est froid chez Chanel. La Maison est vide, le patron est parti. 
Plus Chanel que Chanel, assis avec elle dans un confortable canapé en tweed, caché par un paravent de Coromandel, il regarde en bas, il sourit, de temps en temps ricane, peut être même se moque un peu de nous. Maintenant Coco pourra lui dire ce qu’elle pense de la manière dont il a traduit ses pensées, pendant plus de trente ans.
Et elle aurait tort de ne pas lui en être reconnaissante… Nous le sommes. Le roi est mort. Vive le roi.

À bientôt,

#TeamESR