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Déc

Difference is beautiful !

Lorsque nous avons demandé à écrire sur le thème de l’une de nos campagnes : DIFFERENCE IS BEAUTIFUL, nous n’aurions jamais pensé qu’un si beau texte de réflexion et de voix viendrait. Voix pour nous, pour les femmes, sur la relation avec leur corps. Sur l’importance de la liberté d’être ce que nous sommes et de s’accepter et surtout de prendre soin de soi-même. Notre beauté n’est pas définie par ce que les autres déterminent ce qui est beau. Notre beauté est diverse. C’est une particularité, c’est notre force. C’est notre authenticité.

Ce texte est beau, profond et totalement lié à nos valeurs !


Dans une partie de mon cerveau, Jacques Prévert s’était réveillé :

Je suis faite pour plaire
Et n’y puis rien changer
Mes talons sont trop hauts
Ma taille trop cambrée
Mes seins beaucoup trop durs
Et mes yeux trop cernés
Et puis après
Qu’est-ce que ça peut vous faire
Je suis comme je suis
Je plais à qui je plais
Qu’est-ce que ça peut vous faire

Et toi, qui me lis, tu te loves aussi ?
Est-ce que tu acceptes ce corps, ton corps ?
Est-ce que vous êtes raccord ? D’accord ? Pas d’accord ?
Enfin, est-ce qu’il y a du jeu ? De l’amusement ? De l’amour, peut-être ?
Est-ce que tu le chéris ? Je veux dire par là : est-ce que tu as de l’estime pour lui ?
Est-ce que tu le penses/panses ? Est-ce que tu en prends soin ?

Dans cette époque à la fois aride et prolifique, faite de confinement, hyperconnexion et éco-conscience, dans ce ballet de lignes qui bougent sans cesse, est-ce que tes lignes à toi, leur déplacement, te conviennent ? Te castagnent ? T’affranchissent ? T’aliènent ?

J’avais interpellé des femmes sur facebook en leur demandant « Comment vous acceptez votre corps, vous ? » La question n’était pas correctement posée, car elle pouvait se conclure, trop rapidement, par une réponse brève : bien/mal. Mais il se passa ça…

Histoires vraiesAnaïs :

« S’il y a bien une chose que l’on ne peut pas changer, c’est son apparence physique : on a le corps, la morphologie, le visage qu’on a, alors autant l’accepter. Notre corps est l’unique vaisseau qui va nous supporter jusqu’à la fin, et le seul impact que nous pouvons avoir sur lui est d’en prendre soin, de l’honorer, de lui offrir un mode de vie sain. On en a qu’un, alors autant apprendre au plus vite à cohabiter avec lui, parce que même si on le déteste, ça ne le fera pas changer pour autant. »

Hélène :

« J’ai une mère qui vit dans le dégoût de soi, et s’évertue à essayer de me le transmettre depuis l’adolescence… Donc certaines choses ont infusé en moi sournoisement, et j’ai développé des troubles du comportement alimentaire, j’ai pris beaucoup de poids, je n’en suis pas au stade du dégoût, mais plutôt de la nostalgie d’une époque où j’étais plus mince (alors qu’à l’époque, je n’étais pas hyper fière de moi non plus). Je suis envieuse aussi, des femmes qui ont des attributs physiques qui me font défaut, j’ai des jambes lourdes visuellement (lipœdème), et je reluque toutes celles qui ont des jambes fines… Je ne passe pas mon temps à complexer (j’ai mieux à faire), et j’essaie de mettre en valeur ce qui peut l’être, mais je préférerais ne pas avoir à me poser toutes ces questions… »

uniquesAilise :

« Le premier confinement m’a enfin permis à 60 ans, de m’occuper de MOI ! La charge mentale des femmes étant la plus lourde dans le foyer, je m’étais pas mal “oubliée” au profit du bien-être des autres durant ces 25 dernières années. Avec ce repos forcé, retour sur soi dans un vase clos surréaliste, j’ai perdu naturellement et sans effort les 15 kg de trop que je traînais depuis tout ce temps. Non pas que ce fut une obsession, mais tout de même… Je redécouvre un corps qui m’appartient, qui bouge mieux, que je regarde avec joie, nu dans le miroir. Je retrouve avec un plaisir décuplé le bonheur de le vêtir, comment les habits tombent bien sur ce corps réapproprié. Et malgré les maux liés à l’âge, oui à mon âge si tu te réveilles le matin sans avoir mal quelque part, c’est que t’es morte sans doute… Je l’aime enfin mon corps. N’attendez pas les filles d’avoir 60 ans pour aimer votre corps. Qu’il soit trop ceci ou trop cela, pas assez ceci ou pas assez cela, c’est le seul habitat que vous ayez, pour jamais et pour toujours… Moi, oui, je l’accepte bien mon corps. J’aime mieux mon corps de 60 ans que mon corps d’ado. J’ai aimé mon corps entre 30 et 45 avec le plein épanouissement sexuel. J’ai aimé d’amour fou mon corps de femme enceinte aussi, et tous ces mystères qu’il recelait, moins ce qu’il était devenu après. Mais j’ai tellement aimé qu’il sécrète du lait nourricier. Chaque tétée était un moment magique que mon corps offrait à un autre être vivant. Je l’ai déjà dit, à mon âge si tu te réveilles sans avoir mal quelque part, tu es vraisemblablement morte. Le seul inconvénient avec mon corps aujourd’hui. Alors je l’entretiens avec amour, je le nourris de choses saines et je le bouge un maximum, comme une Alpine A110 de 1960 qui a encore de beaux restes. »

inspirent l'ESRRosa :

« Pas très bien. Je suis petite et j’ai du mal à renoncer à tous ces vêtements qui sont jolis sur des grandes mais qui me tassent encore plus, style pantalons larges, j’aimerais bien porter des talons, mais ma cheville n’est pas assez souple pour cela, c’est un calvaire, et enfin, j’ai beau être mince selon le calcul de l’IMC, je ne me vois pas mince, et j’ai du mal à manger sans culpabiliser. Tout ça ne m’empêche pas de vivre, mais j’adorerais être plus en paix avec moi-même, sans y arriver pour le moment. »

Etou :

« Je ne me vois pas comme je suis. J’essaie d’apprivoiser mon image mais c’est du travail. Les miroirs sont mes ennemis, je préfère me regarder dans des fenêtres pour voir l’harmonie générale, sans les détails. »


Ces femmes interrogeaient tour à tour leur féminité, parfois passagère, secondaire, heurtée, floutée, parfois honorée, avide, retrouvée, stimulée. En toile de fond, se dressait une sorte d’obsession nouvelle, prétendue sans compromis, nommée « Feel Free », aux consignes claires : la liberté d’oser et d’être vous-même comme nouvelle scène de vie. Tout devenait possible dans « la révolution qui vient » : s’exprimer en beauté sexy, privilégier le confort au paraître, être là où on ne nous attend pas… Même nous, finalement. Même nous, surtout. Se surprendre soi-même. On s’insurgeait violemment contre le corps d’affiche. C’était plus qu’une enveloppe, plus que du décoratif, c’était de l’émotion, des instants, et des histoires aussi.

La période n’a jamais été aussi complexe, parce qu’on a le cul entre trop de chaises. Attendez, je vous explique… Il y a ce grand sujet, l’acceptation de soi au naturel, on peut enfin s’émerveiller du vivant, c’est OK. Ouais, on peut nommer le vivant, le classer, et puis s’extasier : rides, cheveux blancs, poils… Et en même temps, la cosmétique fonctionne à tout rompre, parce qu’on raffole de jeu, de comédie et de mise en scène. On se joue de nous. C’est loin d’être terminé, en parallèle, il y a le digital, cette surenchère d’images, de profils, et de possibles. On se prend en selfie pour se regarder sourire, vivre, vieillir, figer un peu de soi dans une temporalité… Plus que les autres qui nous “likent”, on se cherche, on s’éprouve dans l’abîme d’être soi. Et si jamais on se trouve, c’est aussi dans l’envie d’être en lien avec l’autre.

Dans le dernier Madame Figaro, il n’est question que de ça : « 1980-2020 Les femmes refont le monde. En quarante ans, qu’est-ce qui a changé dans la vie des françaises ? Gagnée par l’énergie des années 1970 et les droits conquis par leurs aînées en matière de contraception et d’IVG, une nouvelle génération a pris le relais. Le viol est reconnu comme un crime, une femme a été nommée premier ministre. La parité professionnelle, inscrite à travers une succession de lois, dépasse le stade du concept mais n’est pas encore achevée. Récemment, l’onde de choc planétaire MeToo a bouleversé la donne. Le harcèlement sexuel est devenu une affaire publique et les rapports hommes-femmes, un exercice d’équilibre. Pendant ce temps, les plus jeunes se sont émancipées, revendiquant plus que jamais le droit de disposer de leur corps et de leur allure vestimentaire. »

Pour parler au monde, pour l’aborder, il fallait revenir à soi. Bien se connaître, sonner juste avec son corps, c’était surtout avoir le pouvoir d’être soi. Il était hors de question de tomber dans du consumérisme, de chercher à être une sorte de mieux du mieux, il fallait faire la paix avec soi, être conciliant et généreux, et se séduire. Etre à soi-même une cause de séduction. C’est dans cette perspective que le conseil en image prenait tout son sens.

Difference is beautiful 2Oréli :

« Je suis une femme nouvelle, ou plutôt je suis cette femme qui dormait en moi, et qui attendait d’exprimer son plein potentiel, d’exprimer qui elle est vraiment. Je peux le dire, je peux même le crier, “JE SUIS UNE FEMME EPANOUIE !”, “UNE FEMME LIBRE !”. L’ESR est pour moi une famille, où chacun se soutient, veille, s’accompagne, s’écoute les uns les autres, elle nous permet sans jugement et avec bienveillance d’avoir confiance en notre plein potentiel, et en l’être merveilleux que nous sommes. »

Et s’il était enfin temps de se construire son univers sans limites, aux confins de tous ses possibles, simplement pour être soi et être heureux ?

Elisa Palmer

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